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  • L’Ukraine et les précédents du Golan et du Kosovo

    Les événements dramatiques qui se déroulent ces jours en Ukraine nous obligent à revenir une fois de plus sur le problème de la Russie et de l’Europe. L’intervention russe est regrettable à double titre, d’abord parce que la guerre n’est jamais une bonne solution pour résoudre un problème politique et d’autre part à cause des risques d’embrasement et d’embourbement inhérents à ce genre de conflit, sans compter les souffrances subies par les populations. Dans ce sens, Poutine fait probablement la même erreur que les présidents américains en Irak, en Afghanistan, en Syrie ou en Libye ou les présidents français au Mali.

    Pour l’Europe, c’est un immense gâchis car cet épisode malheureux montre qu’elle a raté l’occasion de conclure la guerre froide en réintégrant la Russie, qui était demandeuse, dans le concert européen, et qu’elle s’est alignée sans condition sur les intérêts américains qui s’opposaient à un retour de la Russie sur la scène internationale. Ce qui se passe aujourd’hui est la conséquence de l’engrenage fatal enclenché après 1991 et que certains responsables américains, tels Henry Kissinger, Zbigniew Brezinski ou Georges Kennan, avaient anticipé si l’on persistait à braquer Moscou.

    En attendant de voir plus clair dans les causes et les conséquences de ce conflit armé, il convient de tordre le cou à deux assertions qui reviennent en boucle dans les commentaires. La première consiste à dire que la Russie serait une économie de seconde zone, en voie de déclin rapide, et dont le PNB serait inférieur à celui de l’Espagne.

    Ce genre de propos fait plaisir aux russophobes qui les profèrent et qui prennent leurs désirs pour des réalités. Mais ils sont faux.

    Dans une étude publiée dans l’édition de novembre dernier de la revue Foreign Affairs, et qui sert de bible à la politique impériale américaine, deux chercheurs ont mis en garde contre cette illusion. Non seulement l’économie russe est plus puissante qu’on veut bien le dire – elle se hisse au 6e rang mondial et au 2e rang européen derrière l’Allemagne en termes de parité de pouvoir d’achat – mais elle est résiliente et s’est beaucoup renforcée depuis 2014 à cause, ou plutôt grâce aux sanctions prises contre elle.

    Naturellement, ces auteurs, membres d’un think tank proche du Pentagone (le Center for a New American Security), développent cette thèse afin d’exiger encore plus de crédits militaires et de moyens dans la lutte contre la Russie. Les Etats-Unis, écrivent-ils, doivent se donner les moyens de contenir et la Russie et la Chine afin de préserver leur hégémonie « démocratique » dans le monde.

     

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  • Vérités et mensonges sur les promesses faites à la Russie

    La guerre de l’information qui accompagne les tensions entre l’OTAN et la Russie à propos de l’Ukraine conduit souvent à déformer la réalité historique. Il convient notamment de corriger de nombreux articles qui affirmaient que la promesse faite par les Etats-Unis à Gorbatchev en 1991, promesse selon laquelle l’OTAN « n’avancerait pas d’un pouce à l’est » en échange de la réunification de l’Allemagne et du départ des troupes de l’Armée rouge en Europe de l’Est, serait un « mythe » forgé par le Kremlin pour neutraliser, voire envahir l’Ukraine.

    Cette thèse repose sur un article publié dans la revue Foreign Affairs en 2014, au moment de la crise ukrainienne, et repris dans un livre publié en novembre dernier. Leur auteur, Mary E. Sarote, est membre du think tank le plus influent de la politique impériale des Etats-Unis, le Council on Foreign Relations, dont les avis relèvent davantage de la propagande que de l’étude impartiale.

    Car ce prétendu « mythe » est on ne peut plus vrai. Il est essentiel d’en prendre conscience si l’on veut à la fois comprendre ce qui se passe et trouver une issue négociée au conflit.

    Le 9 février 1990, James Baker, alors Secrétaire d’Etat américain, a dit exactement ceci : « Nous considérons que les consultations et les discussions dans le cadre du mécanisme 2+4 devraient donner la garantie que la réunification de l’Allemagne ne conduira pas à un élargissement de l’organisation militaire de l’OTAN à l’Est. » Le lendemain, le Chancelier Helmut Kohl a renchéri : « Nous considérons que l’OTAN ne devrait pas élargir sa sphère d’activité. »

    En décembre 2017, le National Security Archive de l’Université George Washington a publié les mémos, comptes rendus et télégrammes de cette époque, d’où il ressort que les assurances données par les Occidentaux apparaissent dans de nombreux documents enregistrés ou écrits lors des échanges entre chancelleries en 1990 et 1991. On en trouve tous les détails sur le site dédié de l’université, sous la rubrique « NATO Expansion : What Gorbatchev Heard. Declassified documents show security assurances against NATO expansion to Soviet leaders from Baker, Bush, Genscher, Kohl, Gates, Mitterrand, Thatcher, Hurd, Major, and Woerner. Slavic Studies Panel Addresses “Who Promised What to Whom on NATO Expansion?”

     

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  • Le droit et la science bafoués

     

     

     

    Que la politique nous mente, passe encore. On s’y est habitué. Mais que le droit devienne courbe et que la science soit bafouée, c’est franchement gênant. Or ce qui est en train de se passer en ce début de troisième année covidienne.

    Le mensonge, la duplicité, l’opportunisme, la tromperie, peu importe comment on appelle cette mystification, nous accompagne depuis le début de la pandémie et ne nous a plus lâché depuis. On se souvient des promesses faites sur les masques, les tests, les respirateurs, proclamés inutiles en mars et obligatoires en mai 2020. Aujourd’hui, les bobards continuent à propos de la vaccination et du passe sanitaire, encouragés jusqu’à l’hystérie alors que l’évidence montre que la troisième dose n’est d’aucune d’utilité face à la contamination d’Omicron et d’un apport scientifiquement non prouvé pour éviter les cas graves.

    Mais ce n’est pas le plus important. Beaucoup plus grave nous parait le fait que le droit n’est plus respecté. Depuis le 1er février dernier, plus de 250 000 Suisses qui s’étaient vaccinés de bonne foi au premier semestre 2021 en échange d’un passe valide 365 jours ont été brutalement mis devant le fait accompli en voyant ce délai ramené à 270 jours s’ils n’avaient pas reçu leur troisième dose. Or un des fondements du droit consiste à ne pas imposer de changement légal avec effet rétroactif. On aurait pu accepter ce changement s’il avait été valable pour les personnes vaccinées après le 1er février 2022. Mais ce n’est pas le cas. Il s’agit donc d’un déni de droit caractérisé et d’une atteinte à l’état de droit tout à fait inacceptable dans une démocratie.

     

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