Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Un patron peut-il gagner 1000 fois plus que son employé?

La grogne contre les salaires exorbitants des patrons va croissant un peu partout dans le monde, aux Etats-Unis, en Europe comme à Genève, comme en témoigne la polémique concernant les bonus et les salaires des cadres et des administrateurs des Services industriels de Genève, qui ne fait que traduire ce malaise.

Dans les entrreprises, les écarts salariaux entre le salaire du patron et celui de ses collaborateurs est de 1 à 400 en moyenne. Il grimpe même à 674 au Credit Suisse. Cet écart n'a cessé d'augmenter durant ces deux dernières décennies. Cette dérive des hauts salaires est incontestablement l'un des dommages collatéraux de la globalisation et est perçu comme tel dans la population des pays industrialisés.

L'initiative populaire contre les rémunérations abusives lancée par le patron de PME alémanique Thomas Minder témoigne de cette colère croissante, qui est toujours superbement ignorée dans les échelons supérieurs de l'establishment. Pas question de publier son salaire et ses bonus, surtout lorsqu'ils sont astronomiques. Et, surtout, pas question que les gueux des étages inférieurs se mêlent de vouloir se mêler de cette question.

Mais trop c'est trop, et les conseils d'adminsitration comme les actionnaires feraient bien de prendre des mesures et de retrouver un minimum de sens commun. Cet été, le très sérieux Financial Times, fort inquiet, publiait un sondage alarmant réalisé dans 5 pays d'Europe et aux Etats-Unis. Résultat: la cote des grands patrons est en baisse partout, le mécontentement contre les gains abusifs ne cesse de croître, tout comme la conviction que les superriches doivent désormais payer plus d'impôts. Même les Etats-Unis n'échappent pas à la tendance, la France et l'Italie se montrant paradoxalement les plus réservés. Mieux les gens montrent qu'ils savent très bien ce qu'ils font car ils distinguent très bien entre la concurrence, à laquelle ils restent très attachés, des effets de la compétition lorsque ceux-ci sont détournés au profit exclusif d'une petite minorité.

Si la globalisation a généralement entraîné une hausse des niveaux de vie dans toutes les couches de population et dans les pays émergents, elle a aussi très largement contribué à accroître les inégalités entre bénéficiaires. Aujourd'hui ce sentiment d'inégalité, justifié par les chiffres et les faits, s'est exacerbé et devient insupportable. Patrons, syndicats d'employeurs et politiciens feraient bien de ne pas l'oublier.

Lien permanent Catégories : Général

Les commentaires sont fermés.