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Bonnes nouvelles du Golfe

 

Il ya dix jours, une invitation officielle des Emirats m’a amené à visiter quelques pays du Golfe pour participer au lancement de la plate-forme d’amitié suisse-émiratie à Abu Dhabi et conduire une délégation économique romande dans la région. Cela tombait bien, presque toute la Suisse s’y était donné rendez-vous : la Banque Clariden Leu pour inaugurer sa nouvelle antenne à Abu Dhabi, Micheline Calmy Rey pour une réunion informelle de ministres des affaires étrangères sur la question du Proche-Orient, Pascal Couchepin pour inaugurer la plate-forme, Patrick Odier pour une journée bancaire et Ueli Maurer quelques jours plus tard pour y parler contrats avec son homologue emirati. Doris Leuthard y avait passé cet été.

Il n’y a rien à reprocher à ces voyages : il faut aller dans le Golfe ! D’abord c’est là que se trouve l’argent. Encore faut-il savoir où il est. Et contrairement aux idées reçues, il n’est pas à Dubaï, qui est en quasi-faillite, ni à Fujeirah, ni à Sharjah ou Ras-al-Kaimah, mais à Abu Dhabi. C’est Abu Dhabi qui paie, et qui, désormais commande. Exemple la tour la plus haute du monde à Dubaï, qui, de Burj Dubai, s’est appelée Burj Khalifa en l’honneur de la famille régnante d’Abu Dhabi qui l’a sauvée de la faillite pour éviter le déshonneur. Avis aux amateurs, il faut frapper à la bonne porte.

Deuxièmement, l’avenir des économies des Emirats, et il faut mettre le Qatar dans le lot, est proche de la nôtre, pétrole et gaz mis à part. Elles réinvestissent à fond la rente pétrolière dans le développement touristique (la neige en moins mais le shopping en plus), la place financière et l’attrait fiscal (pas d’impôt du tout), la situation de hub entre l’Orient et l’Occident (voir le développement fulgurant des compagnies aériennes), la formation et la culture (les instituts universitaires fourmillent de même que les musées milliardaires, Louvres, British Museum…), des médias dynamiques et somme toute assez pluralistes comme Al Jazeera ou Al Arabyia. Si la mue réussit, et elle réussira, une puissante économie de services va vers voir le jour, dont les points de convergence sont évidents avec la Suisse, qui a également l’avantage d’être un petit pays fédéraliste.

Dernière remarque, on aurait tort de sous-estimer le Qatar et se focaliser trop sur les Emirats. Les Qatari, qui ont moins de pétrole mais les deuxièmes réserves de gaz au monde et sont donc tranquilles pour 50 ans, offrent les mêmes perspectives à long terme même si on en parle moins. Ils reconstruisent Doha et, en six ans, ont fait sortir une cinquantaine de gratte-ciel sur l’équivalent du territoire Praille-Acacias-Vernets (mais ceci est dit pour faire rougir de honte les Genevois). Le DFAE ferait bien d’ouvrir une ambassade, ou au minimum, un consulat à Doha s’il veut que les entreprises suisses, déjà nombreuses, s’y épanouissent. Il y a là une demande pressante à satisfaire.

 

 

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